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 Halte au travail des "petites bonnes"

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MessageSujet: Halte au travail des "petites bonnes"   Dim 1 Oct - 1:33

Le 12 juin, le Maroc célébrait la 3e édition de la Journée mondiale contre le travail des enfants. Thème retenu : "Halte au travail domestique". Mais est-ce si simple quand pauvreté, familles nombreuses, abandon scolaire… conduisent des petites filles vers l’exploitation ? Par Laetitia Grotti


Il y a un an, les associations de femmes et les urgences de Casablanca étaient sidérées face au cas de la jeune Najwa Bent Bouazza, de son vrai prénom Hakima. Cette petite fille, brûlée et torturée, a passé trois mois à l’hôpital avant d’être placée
dans le centre pour la sauvegarde des filles mineures à Casablanca.
Si la violence extrême de ce qu’a subi Hakima en fait un cas peu significatif de la situation qui prévaut pour la grande majorité des "petites bonnes", il n’en illustre pas moins l’indifférence, voire l’acceptation sociale dans lesquelles ce phénomène a pu s’épanouir. Sinon, comment expliquer leur nombre ? Elles seraient entre 66.0000 et 88.000 à user leurs jeunes corps, prématurément. 24.000 uniquement à Casablanca, dont les deux tiers ont moins de 15 ans. Difficile, dès lors que l’on habite la capitale économique, Rabat, Marrakech ou encore Tanger, de n’avoir jamais croisé l’une de ces maigres silhouettes, pliant sous le poids de sa charge, habillée de fichus misérables.
Pendant de nombreuses années, le sujet est resté tabou. Personne pour en parler, encore moins pour le dénoncer. "L’explosion démographique des pauvres", selon l’expression de l’anthropologue Lahcen Haddad, entre le début des années 90 et celui des années 2000, explique pour partie la chape de plomb frappant le sujet. "Nous sommes passés de 13 à 20 % de la population vivant avec moins d'un dollar par jour", précise le même. Aujourd’hui, difficile de dire que les choses n’ont pas changé. Du moins, en ce qui concerne l’information. Depuis une dizaine d’années, plusieurs études sérieuses ont été menées par l’Unicef, le BIT, le FNUAP, différents ministères, permettant une meilleure compréhension du travail des "petites bonnes". Et partant, de réfléchir aux moyens de lutter contre.
Pour le moment, le Maroc s'est surtout distingué en matière législative. Le gouvernement a d'ailleurs beau jeu d'afficher dans les rencontres internationales les ratifications de conventions de l'Organisation internationale du travail (OIT) luttant contre le travail des enfants (n°138 et 182). Tout comme les instruments légaux dont il s'est doté depuis 2003. Ainsi en est-il du nouveau code du travail qui fixe à 15 ans l'âge minimum légal du travail et de certaines innovations du code pénal qui durcissent les sanctions à l'égard des employeurs. Reste, comme toujours en matière de lois, que l'État veille à leur application ! Aujourd'hui, 2,5 millions d'enfants de 7 à 15 ans n'ont toujours pas pris le chemin de l'école !
Quant aux actions concrètes de prévention et de sensibilisation sur le terrain, elles restent l'affaire des associations. Malheureusement, les financements sont maigres, les ressources humaines peu nombreuses et l'organisation souvent aléatoire. Reste qu'elles sont les seules à affronter un problème qui nous concerne tous. Pour ce faire, la plupart bénéficient de subventions internationales. Notamment via le programme IPEC de l'OIT, auquel le Maroc a adhéré en 2001. Son objectif : sensibiliser les familles, les employeurs, les enfants, afin d'éradiquer le travail des petites bonnes. Pour être efficace, les zones pourvoyeuses de ces "enfants invisibles", comme les nomme l’Organisation internationale du travail, ont été identifiées : El Kelaat des Sraghna, Chichaoua, Essaouira, Ouarzazate, Taroudannt, Azilal, Sidi Kacem, Taza et Tiznit. Des programmes spécifiques y sont développés, travail dans les classes, fournitures de matériels scolaires, octroi de bourses, alphabétisation des parents…
Aujourd'hui, en matière de lutte contre le travail des enfants, le Maroc vit à l'heure des projets pilotes. Qui apportent, certes, des réponses ponctuelles, mais dont l’impact est difficile à mesurer. Il n'empêche, tant que l'État n'adoptera pas une stratégie nationale de lutte contre la pauvreté, il sera difficile d'éradiquer ce fléau. C'est certainement ce qui fait dire à Malak Benchekroun, administratrice nationale du programme IPEC/Maroc, qu’il est temps de "prioriser" cette question, en l’intégrant dans les grandes stratégies nationales de lutte contre la pauvreté. Pour Lahcen Haddad, le constat est évident : "Il n’y a aucun mécanisme de transfert d’argent vers les pauvres". Du coup, il milite pour que l’État encourage le micro-crédit, histoire d’"assurer des revenus à ceux qui n’en ont pas". Mais d'autres pistes de réflexion existent. Pourquoi, par exemple, ne pas réfléchir à une meilleure affectation des subventions de l'État ? "L’État subventionne le sucre, l’huile, le pétrole… Or, ce sont les classes moyennes qui profitent de ces aides, pas les plus démunies", explique Lahcen Haddad. De la même manière, tous les acteurs de terrain insistent sur l'importance de l'école comme facteur déterminant dans la lutte contre le travail des "petites bonnes". Encore faut-il en améliorer l'accès et la pédagogie. Enfants et familles se plaignent de l'éloignement des collèges, de l'absentéisme des instituteurs, sans parler de la maltraitance subie…
Reste qu'au-delà de ces défis titanesques, d'autres difficultés sont à surmonter. Qui ont trait cette fois aux mentalités et aux comportements individuels. Car pénétrer dans l'univers glauque du travail des "petites bonnes", c'est également franchir le seuil des intimités privées. Ici, les inspecteurs du travail ne sont d'aucune utilité, là les travailleurs sociaux, principaux acteurs de terrain, n'ont toujours pas de statut pour légitimer leur intrusion au domicile d'un "privé". Quant aux assistantes sociales, leur nombre reste ridiculement insuffisant !
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